| Pubblicato su: | Leonardo, anno II, fasc. 14, pp. 29-31 | ||
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| Data: | novembre 1904 |

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In seguito al mio articoletto sull'Equivoco individualista comparso nel Leonardo di Giugno. ho ricevuto da G. PALANTE, questa interessante replica, che riporlo volentieri per intero:
Monsieur,
J'ai bien reça votre lettre et lu l'interessant article du Leonardo sur l'équivoque individualiste. Cette equivoque consiste selon vous en ce qu'il n'y a pas au fond combat de l'individu contre la societé; mais seulement lutte de certains individus contre d'autres individus qui les oppriment ou tentent de les opprimer. «Il est, ridicole, dites vous, que les individualistes qui nient, et avec raison, tous les vieux fantomes, tous les vieux spectres logiques d'humanité, de societé et autres, montrent ensuite qu'ils croient en fait à de telles entités leur attribuant une infinité d'abominations contre les individus. Ou les entités n'existent pas et alors nous ne pouvons pas parler de l'oppression de l'Etat, de 1'Idée, de la Societé ou du groupement; ou elles existent et alors l'individualisme ment en disant que les collectivité sont de purs flatus vocis. Les collectivités existent; mais elles existent individuellement, c'est à dire composées d'un groupe d'individus unis par leurs interets personnels et les interets oppresseurs d'une élite ont, theoriquement du moins, la mème valeur que les interets insurrectionnels de l'opprimè. Et quand M. Palante combat, par exemple, contre l'idole pédagogique pourquoi ne pens'et il pas que, au point de vue individualiste, celui qui cherche à former les autres suivant son plaisir et son intèret a aussi bien raison que celui qui ne veut pas se faine eduquer par les autres?» D'autre part vous me dites dans votre lettre que vous étes partisan de l'individualisme d'en haut et non de l'individualisme d'en bas, de l'individualisme des opprimés, et que vous n'avez pas la vocation de Spartacus.
J'essaierai, Monsieur, de repondre à votre objection et de dissiper l'équivoque.
J'admets avec vous que les entités sociales n'esistent pas en soi et que dès lors il est absurde de les charger d'anathémes. Mais je n'admets pas d'autre part qui l'Etat, la Societé, la famille etc, soient de purs flatus vocis (nominalisme social). J'admets très bien que l'Etat, la Societé, etc ont une existence idèale, qu'ils existent è titre de représentations et de sentiments dans le cerveau des individus. J'admettrais done une sorte de conceptualisme social et non le nominalismo social dont vous parlez.
Reduits à, leurs termes psychologiques (les seuls réels) l'Etat, la Societé le group etc, se ramènent à un ensemble d'idées, de sentiments, de tendances affectives et actives qui
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agissent dans chaque individu avec une force variable parce qu'ils sont contrebalancés en lui par des tendances opposées qui varient elles aussi en intensité d'individu à individu: les tendances égoistes ou individuelles.
Chaque individu est ainsì le théatre d'une lutte entre deux tendances contraires: la tendance sociale et la tendance égoiste. J'appelle âmes sociales ou gregaires celles dans lesquelles triomphe la première de ces tendances. J'appelle âmes individualistes celles dans lesquelles triomphe la considération du plaisir et de l'intèret personnels. La tendance sociale consiste à envisager les idées et les sentiments relatifs à l'Etat à la famìlle, etc., d'un point de vue objectif, métaphysique, religieux en quelque sorte, à effacer l'individu devant ces idées et à leur sacrifier l'egoisme. La tendance individualiste ne consiste pas à se debarasser de toutes idées sociales, à les nier totalement et à en faire table rase; (Stirner lui-mème ne le fait pas) mais à les considérer et à les traiter comme moyens pour l'égoisme de l'individu. Il peut arriver accidentellement que l'egoisme de l'individu coincide avec ce qu'exigent ces idées. Il y a ùne phrase de Stirner qui est caracteristique de cette attitude. «Il n'est rien, dit il, qu'on ne puisse vouloir faire par amour de soi, y compris tout ce qui se fait au nom de Dieu.» L'individu pourra, par exemple, obéir aux sentiments de famille jusqu'au point précis où son propre égoisme trouve son compte dans ces sentiments. Au delà de cette limite, il s'affranchit de ces sentiments.
Ainsi, suivant moi, l'antinomie n'est pas entre ces deux termes: l'individu d'une part; l'entité societé d'autre part. Elle est entre ces deux tendances qui existent à un degré variable d'intensité chez tous les individus humains: la tendance egoiste d'une part, la tendance sociale ou gregaire ou altruiste d'autre part.
Dés lors le combat qui constitue l'essence de l'individualisme est un combat en faveur des tendances egoistes contro les tendances sociales et en faveur des âmes individualistes, c'est à dire où le sentiment du moi est preponderant, contro les âmes grégaires. L'individualisme est une justification de la tendance à s'individualiser, à se differencier, à être soi-meme à s'opposer au milieu, à s'insurger en un mot. Il n'y a là nulle equivoque. Et le combat individualiste garde toute sa signification et toute sa valeur.
Vous me reprochez en second lieu, Monsieur, de defendre l'individualisme d'en bas, l'individualisme des faibles, des opprimês, contre l'individualisme des oppresseurs, des maitres. Nullement. Je trouve aussi legitime le droit de l'éducateur à éduquer les autres s'il y trouve son interét, que le droit de ceux qui refusent de se laisser eduquer. La question est de savoir qui l'emportera, qui sera le plus fort de ce deux égoismes.
Là où je me sépare de vous, c'est quand vous parlez d'individualisme d'en haut et d'individualisme d'en bas.
Suivant mai, l'opposition réelle dont il faut tenir compte n'est pas entre ceux d'en haut et ceux d'en bas dans la hierarchie sociale. Elle est seulement entre les âmes individualistes et les âmes gregaires. Ces deux sortes d'individualités se rencontrent à tous les degrès de l'échelle sociale et je crois que le plus souvent les personnalitès les plus individualisées, les verìtables individus, ne sont pas en haut, mais en bas.
Vous dites que líberté est synonyme de pouvoir et que par consèquent le bourgeois qui profite des mensonges et des conventions est par excellence l'individualité forte, l'individualité liberée.
Votre critérium pour juger de la valeur des individua est trop simpliste. Il faut tenir compte de bien autres éléments que le rang social. Un individu peut étre vaincu sur un terrain et vainqueur sur un nutre.
Voyez un Proudhon. A votre point de vue qui est celui de la hierarchie bourgeoise et mondaine, Proudhon fut un mince personnage. Il véeut pauvre, toujours dans une situation dépendante et précaire.
De ce point de vile tout superficiel et extérieur Proudhon fut evidemment l'inférieur d'un imbecile rond de cuir qui occupait une haute situation dans la hierarchie administrative. Le rond de cuir a èté un vainqueur et Proudhon un vaineu Pourtant Proudhon a eu une autre action sur le monde que le rond de cuir. J'en dirai autant de Stirner, avec sa vie miserable à Berlin; de Rousseau qui vecu méprisé et persécuté. Tenir compte du seul rang social est un point de vue faux. Il faut envisager un individu dans la multiplicité des relations ou il se trouve engagé: dans la multiplicitè des influences qu'il exerce, des facultés qu'il met en oeuvre. Il faut aussi réserver les droits de l'avenir, c'est a dire le jugement qu'on portera sur lui plus tard.
D'une maniere generale le bourgeois, le haut placé, est un étre gregaire, sans aucune originalité, sans relief individuel. M. L. Daudet, dans les Morticules, montre que le grand moyen d'arriver chez eux est le lêchement des pieds et que colui qui arrive le plus haut est colui qui est capable de lêcher le plus longtemps sans haut le coeur les pieds les plus sales de ses chefs hiérarchiques. Eh bien! c'est l'histoire de vos hiérarchies bourgeoises.
Vous justiflez les mensonges bourgeois en disant que quand un organe est inutile, il s'athrophie et dispurait. C'est là précisement le cas des mensonges bourgeois qui commencent à ne plus tromper personne. Les mensonges sociaux sont usés au bout d'un certain temps, comme les élites ou les prétendues élites qui les utilisent.
D'ailleurs ceux quì se croient interessés à maintenir ces mensonges se trompent souvent eux mêmes sur leur propre interêt. C'est de leur part de l'egoisme mal compris. Qu'on mette en balance les gênes que s'impose un rond de cuir, les facticilés auxquelles il s'asservit, son tremblement perpetuel devant ses chefs et devant l'opinion, son esclavage moral d'une part et d'autre part les maigres beneflces qu'il en retire et la considération (bien mediocre) dont il jouit, on sera en droit de demauder s'il n'est pas dupe.
Sans doute l'egoisme est le ressort des îmes gregaires ou sociales comme des autres. Mais c'est un égoisme mesquin, un signe de faiblesse.
Sur ce point, Monsieur, nous différons entieremént. Vous admettez comme légitime individualisme des conservateurs; et vous blamez l'individualisme des revoltés. Pour moi, je trouve légìtimes, parce que naturelles, toutes les formes d'individualisme. L'instinct de révolte, est pour le moins aussi legitime et temoigne pour le moins d'autant d'énergie que l'instinct conservateur. D'ailleurs l'histoire est elle autre chose que le compromis de ces deux instincts? Je les crois aussi nécessaires l'un que l'autre.
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Je suis heureux, Monsieur, que votre article et votre lettre m'aient donné l'occasion d'élucider ces quelques points. Je verrais avec plaisir ma réponse soumise aux lecteurs du Leonardo avec votre réplique ou vos observations.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués.
GEORGES PALANTE.
Professeur de Philosophie au Lycée
de St. Brieue.
Mi costringerò, poichè questo numero del Leonardo è ormai per traboccare, a poche osservazioni.
La prima è che il passaggio dal nominalismo sociale al concettualismo non è molto chiaro e non serve a nulla. Giacchè se la lotta fra egoismo e socialità è soltanto interna allora il problema è psicologico e non più sociologico e non si tratta più di combattimento dell'individuo contro la società, ma di quello di una parte dell'individuo contro un'altra parte dell'individuo stesso. Ma ci sono, dice il Palante, quelli nei quali prevale la socialità e quelli in cui prevale l'individualismo. Dove sarà allora la lotta? Fra quelli in cui vince la società e quelli in cui vince l'individuo, oppure anche fra gli individualisti stessi, che hanno pure fini e interessi diversi? Ma quelli che sostengono la società sostengono loro stessi giacchè l'idea di società è in loro stessi. E allora la battaglia è sempre, in tutti i casi, fra gruppi d'individui e gruppi d'individui. Questo è proprio quello ch'io volevo dire.
Giacchè se ci sono veramente «anime gregarie» queste non combattono. Il carattere delle anime servili è quello di obbedire e servire. Come mai potrebbero invece sostenere la battaglia contro i ribelli individualisti?
La seconda si riferisce alla questione pratica ch'io ponevo in una lettera all'autore del Combat pour l'individu. Io son d'accordo con lui che non è solo il rango quello che conta come segno di vittoria, ma allora bisogna ben distinguere di qual genere di superiorità si tratta. Noi facevamo, mi sembra, una questione sociale e nella società i valori correnti sono il potere e il denaro. Secondo questi valori, il rond de cuir ha vinto Proudhon. Se noi estendiamo la parola potere in un senso puramente spirituale allora il Palante ha ragione, e Proudhon ha vinto il rond de cuir. Ma, nel mondo pratico, codeste vittorie son vittorie di Pirro, e noi parlavamo di questioni pratiche.
Quanto poi al preferire l'individualismo dei borghesi a quello degli operai è una questione puramente personale. Se io fossi in basso sarei per l'individualismo di quelli ché sono in basso, ma siccome sono piuttosto in alto tengo per l'individualismo di quelli che sono in alto.
Io trovo stupidi soltanto coloro i quali, appartenendo a una classe dominante, vanno ad aiutare quell'altra classe che si agita per togliere alla loro il potere, e la ricchezza. Costoro, quando non lo facciano per speranze di maggiori gioie (un potere maggiore mettendosi a capo degli insorti, una ricompensa oltreterrestre) sono per me dei perfetti imbecilli. E son certo, caro Palante, che nè io nè voi siamo tra quelli.
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